Mgr Jacques LONGA : Homélies prononcées pendant la visite pastorale à Sainte Famille de Dongoyo
Samedi 3 janvier 2026 : Messe de mariage.
Dans l’ambiance et la lumière de Noël, le Seigneur nous fait la grâce de vivre en ce jour l’union de 7 couples en Lui. Disons-Lui merci. Une communauté chrétienne stable est une communauté dont le noyau est constitué de foyers chrétiens, de familles en nombre assez importants ainsi qu’avec un nombre importants de personnes adultes. Pourquoi ? Et bien parce que l’âge adulte, est celui de la stabilité de la personnalité. A cet âge on sait ce qu’on cherche ; on sait à peu près où on va. Le jeune par contre est caractérisé par une sorte d’instabilité. Pourquoi ? Parce qu’il a encore à se décider quant à la profession, la forme, l’orientation qu’il veut donner et doit donner à sa personne et à sa vie.
Notre communauté, en accueillant ces couples, manifeste encore une fois son niveau de maturité, de stabilité. Elle se renforce, se fortifie. Ce qui se passe aujourd’hui concerne nous tous et invite à se réjouir. « Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles ; par son bras très saint, par sa main puissante, il s’est assuré la victoire. La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu. Acclamez le Seigneur, terre entière, sonnez, chantez, jouez ! Jouez pour le Seigneur sur la cithare, sur la cithare et tous les instruments ; au son de la trompette et du cor, acclamez votre roi, le Seigneur ! »
Bien-aimés dans le Seigneur,
Dans le déroulé de notre existence, il y a des hauts et des bas, des moments de brouillards et de doutes, des moments de joie et de peines. Ainsi, ce n’est pas toujours que nous avons envie de dire merci au Seigneur. Cependant, une des meilleurs manières de vivre presque continuellement heureux, c’est de savoir trouver des motifs de dire merci au Seigneur. Parmi ces motifs, se trouve la capacité de se réjouir de ce que Dieu fait de beau, de grand dans le monde, dans la vie et l’histoire des autres. Être capable de s’émerveiller de ce que l’autre réussi là où peut-être j’ai échoué. Cela s’appelle chemin et cheminement de sainteté.
Chers amis,
Dans l’évangile de ce jour, il est question de S. Jean-Baptiste et de son témoignage. « Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : ‘’Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël.’’ Alors Jean rendit ce témoignage : ‘’ J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »
Jean Baptiste parle de connaissance de Jésus. Il dit que par lui-même, il ne connaissais pas Jésus. Certes sur le plan humain Jean Baptiste connaît Jésus puisque c’est son cousin. Mais sur le plan divin Jean a besoin que l’Esprit lui dise qui est Jésus. Celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. Un jour Jésus dira dans son enseignement : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Chrétiens, nous connaissons Jésus ; Jésus appris à la catéchèse, durant notre formation chrétienne pour devenir prêtre ou consacré. Mais nous avons et nous aurons toujours à découvrir qui est Jésus. « Ô toi, l’au-delà de tout, n’est-ce pas là tout ce qu’on peut chanter de toi ? Quelle hymne te dira, quel langage ? Aucun mot ne t’exprime. À quoi l’esprit s’attachera-t-il ? Tu dépasses toute intelligence. Seul, tu es indicible, car tout ce qui se dit est sorti de toi. Seul, tu es inconnaissable, car tout ce qui se pense est sorti de toi »
Chers couples,
Vous connaissez Jésus puisque vous vous engagez à vivre votre vie de couple et de parents selon l’enseignement de Jésus. Mais le chemin est encore long. Vous avez, vous aurez à découvrir chaque jour davantage ce Jésus. Si vous voulez tenir fidèlement à vos engagements l’un envers l’autre et envers Dieu, il vous faudra entrer chaque jour davantage dans l’intimité de Jésus. Cela passe par la vie de prière, l’humilité, la pratique des sacrements surtout l’eucharistie et la confession.
Chers couples
Comme vous le savez, avant de vous marier avec une femme vous avez une certaine connaissance de cette femme. Mais il faut se rappeler qu’on a jamais fini de connaître quelqu’un. Il y a toujours à découvrir l’autre. Car chacun de nous est un mystère, porteur d’un mystère. Devant le mystère qu’est l’autre, il faut y entrer avec humilité, permettre à l’autre de se livrer, petitement, lentement mais sûrement. Il faut supprimer de votre langage des affirmations comme celle-ci « je te connais c’est comme ça que tu es ». Epoux efforce-toi de découvrir chaque jour le beau, le vrai et le bon et les richesses d’humanité, enfouis dans le cœur de ta femme. Le jour où il te semblera que ta femme n’est plus belle dis-toi alors que c’est en toi que quelque chose est en train de se briser.
En implorant toutes les grâces divines possibles sur vous, je vous souhaite d’être heureux. Et comme vous le savez, on se marie non pas pour des moments de joie seulement mais bien plutôt pour le meilleur et pour le pire.
Chers jeunes
Parmi vous, il y en a que Dieu appelle au mariage. Que le Seigneur vous aide, chacun à trouver l’époux ou l’épouse qu’il a préparé pour lui.
Il y en a aussi que le Seigneur appelle à la vie consacrée et à la prêtrise. Découvrez chacun sa vocation en étant assidus à la prière et à la pratique des sacrements, en vivant fidèlement selon les commandements de Dieu et en vous mettant à l’écoute de Dieu qui vous parle à travers vos aînés, parents, éducateurs, prêtres et consacrés.
Et que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père et le Fils et le Saint Esprit. Amen.
Seigneur, donne-leur le repos éternel et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin. Qu’ils reposent en paix. Amen.
Ensemble pour la Christ. Ensemble pour notre diocèse.
+Jacques Danka LONGA
Evêque de Kara
Dimanche 4 janvier 2026 : EPIPHANIE DU SEIGNEUR
Bien-aimés dans le Seigneur
Nous sommes au dimanche 4 janvier 2026, dimanche de l’Epiphanie du Seigneur. Comme paroisse, vous êtes entrés dans votre 31e année d’existence. Remercions le Seigneur pour ce qu’est devenue la petite graine semée, il y a maintenant un peu plus de 30 années. En trente (30) ans la paroisse Sainte Famille de Kara-Dongayo a donné naissance à S. André, apôtre et S. Etienne, diacre et martyr, deux (2) paroisses en plein développement humain et spirituel. En trente (30) années, vous avez fait un bon bout de chemin. Les signes de maturité de la foi sont visibles : les vocations qui fleurissent, de plus en plus de fidèles qui s’engagent en prenant leurs responsabilités. De cela, disons merci au Seigneur. Disons-lui merci pour les pasteurs qu’il nous a donnés et qui ont su nous guider : Mgr Ignace, le curé-fondateur. Il a donné le meilleur du pasteur en posant les bases d’une communauté paroissiale avec une vision à longs termes ; le père PAHIZI qui s’est employé à former des fidèles convaincus dans la foi, les pères Jérôme, Gabriel, Aristide et Théodore avec les successifs vicaires. Chacun d’eux a servi la paroisse selon les dons qu’il a reçu de manifester l’Esprit (Cf. 1 Co 12, 7).
Hier 3 janvier, il a eu la bénédiction de sept couples ; sept, symbole des sept dons de l’Esprit, symbole de plénitude. La bénédiction de ces couples est le signe de l’enracinement de l’Evangile dans les cœurs. Aujourd’hui de 28 fidèles, jeunes pour la plupart, vont recevoir le sacrement de la confirmation. Confirmation, sacrement qui achève l’initiation chrétienne du fidèle ; Confirmation sacrement qui fait entrer dans l’âge adulte, âge de responsabilité, âge qui engage à prendre ses responsabilités. L’adulte est appelé à indiquer le chemin aux plus jeunes ; l’adulte est une personne qui a charge des autres ; l’adulte va au-devant de la vie ; il fait face à la dure réalité de la vie.
Chers amis,
En ce dimanche 4 janvier 2026, dimanche de l’Epiphanie du Seigneur, il faut rappeler que l’Eglise a besoin vraiment, réellement de chrétiens adultes. Car la force de l’Eglise est à la mesure de la force de ses fidèles. La faiblesse de l’Eglise est aussi à la mesure de la faiblesse de ses fidèles. La pauvreté ou la richesse de l’Eglise est l’expression de la pauvreté ou de la richesse de ses fidèles. L’Eglise a besoin que les baptisés, les confirmés, les personnes mariées, les prêtres et les consacrés, les Evêques, ceux et celles qui portent fièrement le nom de chrétiens soient réellement et vraiment des chrétiens adultes : âge adulte, âge de maturité, âge qui engage à prendre ses responsabilités. L’adulte est appelé à indiquer le chemin aux plus jeunes ; l’adulte est une personne qui a charge des autres ; l’adulte va au-devant de la vie ; il fait face à la dure réalité de la vie. Les apôtres en cela restent pour chacun de nous des exemples et des modèles incontestés.
Parmi les apôtres, il y a S. Paul, apôtre, saint patron de notre diocèse. C’est lui, Paul qui parle dans la 2e lecture de ce jour : « Frères, vous avez appris, je pense, en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous : par révélation, il m’a fait connaître le mystère. Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées, comme il a été révélé maintenant à ses saints Apôtres et aux prophètes, dans l’Esprit. Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. » Paul est un homme convaincu dans la foi. Ici, il affirme l’une de ses convictions : « c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. » Depuis son expérience sur le chemin conduisant à Damas, Paul a fait de sa vie ANNONCE DE JESUS et de son Evangile. Pour cela, rien n’a pu l’arrêter. Il ne manquait aucune occasion pour parler de Jésus, dans l’honneur ou le déshonneur, la gloire ou l’humiliation. Paul comme pharisien convaincu, a persécuté l’Eglise au nom de la foi de ses ancêtres, foi juive. Mais une fois Jésus rencontré Paul a rompu avec ce qu’il croyait jusque-là être la vérité sur Dieu et la foi. La rencontre avec Jésus fait entrer dans la nouveauté et entraîne nécessairement des ruptures. Alors on peut s’écrier comme Paul, Jésus seul suffit, Jésus ou rien. Ainsi, dans sa lettre aux philippiens il écrit : « tous ces avantages que j’avais, je les ai considérés, à cause du Christ, comme une perte. Oui, je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ, Frères, quant à moi, je ne pense pas avoir déjà saisi cela. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. Nous tous qui sommes adultes dans la foi, nous devons avoir ces dispositions-là ; et, si vous en avez d’autres, là-dessus encore Dieu vous éclairera. » (Ph 3, 7–8. 13–15)
Chers amis,
L’Epiphanie du Seigneur, c’est sa manifestation aux peuples du monde entier. Pour que réellement le Seigneur puisse être reconnu et accueilli par les autres, Il a besoin de chacun de nous. Il est la Lumière des nations. Et on allume pas la lumière pour la mettre sous le lit. Soyons donc des chrétiens dont la lumière éclaire tous et chacun dans tous les milieux et lieux où nous passons.
Seigneur donne-leur le repos éternel et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin. Qu’ils reposent en paix. Amen.
Que Dieu tout-puissant vous bénisse le Père et le Fils et le Saint Esprit. Amen.
Ensemble pour le Christ. Ensemble pour notre diocèse.
+ Jacques Danka LONGA
Evêque de Kara.
Lundi 5 janvier 2026 Lundi de l” EPIPHANIE DU SEIGNEUR
Bien-aimés dans le Seigneur,
Après la bénédiction de sept couples samedi et la confirmation de plus de 28 fidèles dans la foi hier dimanche, aujourd’hui lundi 5 janvier, dernier jour de cette visite pastorale, nous sommes rassemblés pour une messe avec et à l’intention des membres souffrants du Corps du Christ. Eglise nous sommes en effet le Corps du Christ ainsi que nous l’enseigne S. Paul : « Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres. Le pied aurait beau dire : ‘’ Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps’’, il fait cependant partie du corps. L’oreille aurait beau dire : ‘’Je ne suis pas l’œil, donc je ne fais pas partie du corps’’, elle fait cependant partie du corps. Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S’il n’y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ? Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l’a voulu. S’il n’y avait en tout qu’un seul membre, comment cela ferait-il un corps ? En fait, il y a plusieurs membres, et un seul corps. L’œil ne peut pas dire à la main : ‘’Je n’ai pas besoin de toi’’ ; la tête ne peut pas dire aux pieds : ‘’Je n’ai pas besoin de vous’’.» (1 Co 12, 12–20). En Jésus nous sommes unis les uns aux autres. Merci donc à vous tous qui accompagnez les membres souffrants du Corps du Christ notamment, les malades et les personnes âgées, ceux et celles qui sont dans les maisons, dans les hôpitaux. Merci aux membres des différents mouvements catholiques et groupes de prières qui se font proches des malades, des personnes éprouvées dans leur corps ou dans leur âme. Tous, nous avons besoin d’être guéris de quelque chose. Tous, nous avons besoin des soins des autres de l’attention aimante de l’autre. « J’étais malade, et vous m’avez visité » (Mt 25, 36).
Chers frères et sœurs, membres souffrants du corps du Christ merci pour le témoignage de patience et d’abnégation que vous nous donnez. Merci d’offrir vos souffrances et vos douleurs à Dieu le Père en union avec Jésus souffrant sur la croix. Faites-le pour l’Eglise, le diocèse de Kara. Dans les moments les plus insupportables de vos épreuves, criez en union avec Jésus : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » (Mt 26, 42)
Je prie pour vous, membres souffrants du Corps du Christ. Merci de prier pour moi.
Merci à vous prêtres de développer de plus en plus une pastorale de proximité vis-à-vis des malades par vos visites organisées en faisant en sorte qu’ils soient nourris régulièrement du sacrement de la confession et Corps du Christ et qu’ils puissent recevoir le sacrement des malades au moment opportun. L’évangile de ce lundi 5 janvier nous dit : « Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple. Sa renommée se répandit dans toute la Syrie. On lui amena tous ceux qui souffraient, atteints de maladies et de tourments de toutes sortes : possédés, épileptiques, paralysés. Et il les guérit. » Jésus guérit les malades. Jésus se fait proche des malades. Que donc Jésus lui-même soit la guérison, la santé, la force de tous. Qu’Il soutienne tous les membres du personnel soignant et de tous ceux et celles qui œuvrent dans le domaine de la santé.
Et que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père et le Fils et le Saint-Esprit. Amen
Seigneur donne-leur le repos éternel et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin. Qu’ils reposent en paix. Amen
Ensemble pour le Christ. Ensemble pour notre diocèse.
+ Jacques Danka LONGA
Evêque de Kara.
