Intégralité de Homélie prononcée à messe de consécration de l’Eglise paroissiale Sainte Anne

Bien-aimés dans le Seigneur,
Nous voici dans cette église qui va être consacrée définitivement au Seigneur pour ne servir uniquement que pour le culte qui lui est dû en vue de sa glorification et de la sanctification des hommes. Oui nous avons besoin d’être sanctifié ; nous avons besoin de devenir chaque jour davantage un peu plus semblable à Dieu. Dieu trois fois Saint. Dieu le tout autre. Dieu le saint des saints ; celui que nous acclamons dans chaque eucharistie en disant : « saint, saint, saint le Seigneur Dieu de l’univers. Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire. Hosanna au plus haut des cieux »
Chers frères et sœurs,
Rassemblés dans cette église que sommes-nous venus faire ? Notre présence exprime une soif, un besoin, une attente ; elle est une affirmation, expression d’une conviction, laquelle conviction engage, transforme, oriente. Nous sommes de ceux et celles-là dont parle l’auteur de la lettre aux hébreux dans la 2e lecture de ce jour : « vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des myriades d’anges en fête et vers l’assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous, et vers les esprits des justes amenés à la perfection. Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle, et vers le sang de l’aspersion, son sang qui parle plus fort que celui d’Abel. » (He 12, 22–24).
Toute église est symbole, de la ville du Dieu vivant, symbole de la Jérusalem céleste. La prière consécratoire le dit bien :« Heureuse Église, elle est la demeure de Dieu parmi les hommes, le temple saint fait de pierres vivantes, fondé sur les Apôtres et qui a pour pierre angulaire le Christ Jésus. Église de gloire, elle est la cité bâtie sur la montagne, clarté attirant tous les regards ; en elle brille à jamais la lumière de l’Agneau, en elle résonne le chant de fête des bienheureux. »
Dans la Jérusalem céleste, habitent, vivent, des myriades d’anges en fête, fête toujours actuelle et le motif, la raison de leur fête c’est Dieu Lui-même. Dieu qui remplit. Dieu qui réjouit. Dieu qui comble. Dieu qui aime, vit et vivifie. Vous êtes venus vers l’assemblée des premiers-nés, dont les noms sont inscrits dans les cieux. Oui les saints qui seront justement invoqués au cours de cette messe, les saints dont nous portons les noms sont les premiers-nés, ils sont les esprits des justes amenés à la perfection. Dans cette contemplation de la face de Dieu, tous les désirs sont comblés, toute personne parvenue à cette étape atteint alors ce que S. Paul appelle « la plénitude de la stature du Christ ». Entrant dans une église comme celle-ci le chrétien entre dans la maison de Dieu, le juge de tous. Venir à l’église, devenir membres de l’église catholique c’est venir vers Jésus le médiateur d’une alliance nouvelle, c’est se laisser plonger et laver dans son sang, ce sang qui parle plus fort que celui d’Abel : « Prenez et buvez-en tous ceci est mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés vous ferez cela en mémoire de moi ». l’Eglise bâtiment c’est vraiment la maison de Dieu, le lieu où Dieu se fait parole qui nourrit, éclaire, étanche la soif de vérité et de vie, comble tout en le creusant le désir de vie et de bonheur. L’Eglise bâtiment est vraiment le lieu d’où coule les sources d’eau vive. L’autel, au centre de l’église c’est la table du banquet où les affamés et les assoiffés de Dieu viennent recevoir le corps et le sang du Christ pour en vivre et en témoigner : « qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui, il vivra par moi » Oui l’autel au centre de l’Eglise c’est la croix du Christ, où le Sauveur suspendu entre ciel et terre les unis en lui justement quand il laisse transpercer son cœur faisant jaillir le sang et l’eau. De l’autel eucharistique comme du cœur de Jésus coulent les eaux vives du salut selon les paroles mêmes de Jésus en S. Jean « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. » (Jn 7, 37–38). Voilà pourquoi, mis en exergue, au centre dans chaque église l’autel reçoit une consécration particulière.
« Entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : ‘’Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison.’’ »
Qui sommes-nous ? En un certain sens nous sommes des hommes et des femmes de désir, profond désir, désir de quelque chose qui nous dépasse, nous attire et nous motive. D’une manière ou d’une autre nous ressemblons à Zachée. Cet homme entend parler de Jésus. Bien que ne le connaissant pas, bien qu’il ne soit pas ouvertement son disciple Zachée, au fond de lui-même est interpellé par Jésus. Il désire le voir. L’occasion s’offre à lui, ce jour-là où Jésus, dans ses pérégrinations apostoliques passe son chemin dans les environs. Nous venons d’entendre tout ce que Zachée a imaginé, la peine qu’il s’est donnée. Mais nous avons aussi entendu la réponse de Jésus au désir de cet homme et à toute la peine qu’il s’est donné : Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : ‘’Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison.’’
Le désir de Dieu, en réalité habite chaque homme, chaque femme. En dernière analyse chaque personne humaine est un chercheur de Dieu. Chaque personne humaine, tôt ou tard, sent au plus profond de lui-même cette soif de Dieu, Dieu qui comble la soif de vie et de bonheur de l’homme ; Dieu qui attire avec douceur et patience, avec bonté et tendresse, avec patience et miséricorde.
Seigneur donne-leur le repos éternel et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin. Qu’ils reposent en paix.
Et que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père et le Fils et le Saint Esprit. Amen
Ensemble pour le Christ. Ensemble pour notre diocèse.
+Jacques Danka LONGA
Evêque de Kara.





