BINAH/JOURNEE DIOCESAINE DE LA VIE CONSACREE

L’évêque du diocèse de Kara, Mgr Jacques Danka LONGA a célébré, le samedi 14 février à la paroisse Sainte Maria Goretti de Pagouda, une messe d’action de grâce à l’occasion de la journée diocésaine de la vie consacrée. Prévue pour le 2 février, elle a été célébrée en différé pour des raisons pastorales.
La messe pontificale a été a été précédée d’une conférence animée par le Frère Paul Clément Djon Bisses de la communauté de Saint Jean Apôtre autour du thème « Le pardon et la réconciliation ». Cette conférence a permis d’édifier les consacrés sur la nécessité de cultiver ces valeurs au quotidien, tant envers soi-même qu’envers autrui, pour un épanouissement spirituel et social.
Dans son homélie, Mgr Danka Longa a insisté sur la centralité du pardon dans la vie chrétienne. S’adressant particulièrement aux personnes consacrées, le prélat a souligné que le péché constitue une rupture de pont entre l’homme et son créateur, ainsi qu’entre les membres d’une même communauté. « Le pardon ressoude les liens rompus par le péché et ouvre la voie aux grâces divines », a précisé l’évêque, invitant l’assemblée à une conversion sincère.
Voici l’intégralité de l’homélie prononcée ce jour
Homélie
Bien-aimés dans le Seigneur
Merci au Seigneur pour la grâce qu’il nous fait de nous retrouver ici, à l’église paroissiale sainte Maria Goretti en ce samedi 14 février 2026 pour célébrer la journée diocésaine de la vie consacrée. Merci au curé, aux vicaires et aux fidèles de la paroisse pour l’accueil fraternel et chaleureux. En retour le Seigneur ne manque pas de déverser sur cette paroisse ses grâces et ses bénédictions.
A vous tous, chers consacrés, merci pour ce que vous êtes et offrez de vous-mêmes pour Dieu et son Eglise particulièrement au diocèse de Kara. Le thème de votre rendez-vous de cette année 2026 porte sur le pardon et la réconciliation. Le pardon est au cœur de la foi chrétienne. Il est l’expression la plus éloquente de la miséricorde divine. Créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, l’homme reflète mieux ce qu’il est en devenant lui-même capable de pardonner aux autres. Après le péché originel, péché d’Adam et Eve, le pardon est le nouveau nom du chemin pour retrouver la trace de Dieu, chemin perdu par le péché. « Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui dit : ‘’Où es-tu donc ?’’l’homme répondit ‘’J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. ‘’ Le Seigneur reprit : ‘’Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ?’’ » Après le péché de l’homme, Dieu cherche l’homme. Car le péché a brouillé le réseau de connexion entre l’homme et Dieu. L’homme de son côté, après son péché fuit devant Dieu, il a peur de Dieu. Dieu qui l’a créé par amour ; Dieu qui l’a fait sommet de l’univers. Dieu qui a tout apprêté pour l’homme et mit tout le créé au pied et au service de l’homme. En réalité l’homme n’a pas de raison de fuir devant Dieu. La cause d’une telle situation c’est le péché qui a rompu les ponts entre l’homme et Dieu.
Chers amis, l’amour de Dieu pour l’homme est immense, infinie. En poursuivant la lecture de ce chapitre 3 du livre de la Genèse, l’on constate qu’après le péché, Adam renvoie la faute à la femme, la femme à son tour renvoi la faute sur le serpent. Ainsi le péché crée la division aussi bien entre Dieu et l’homme qu’entre les hommes eux-mêmes. D’où cette promesse de Dieu faite à la femme : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. » (Gn 3, 15). En Jésus la promesse se trouve pleinement, entièrement accomplie : Prenez et buvez car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela en mémoire de moi”.
Le sacrifice de Jésus qui réalise la promesse de Dieu se trouve présent dans la fête de la PRESENTATION DU SEIGNEUR. « Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. » Marie et Joseph par obéissance à Dieu et à sa volonté présentent, Jésus au temple. Et Jésus se laisse faire et laisse faire. « Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : ‘’Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre.’’ »
La vie entière de Jésus sera obéissance au Père et à sa volonté. Et sur la croix, la croix étant le sommet de l’obéissance de Jésus à son Père et expression la plus évidente de son amour pour son Père et pour les hommes Jésus dira : « Tout est accompli » Tout c’est-à-dire tout ce que Dieu peut et est en droit d’attendre de l’homme et inversement tout ce que l’homme peut attendre de Dieu. Toujours sur le croix Jésus prie : « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Alors que le péché, éloigne l’homme de Dieu, coupe les ponts entre Dieu et l’homme, le pardon lui, refait les ponts entre Dieu et l’homme, entre l’homme et l’homme, entre l’homme et lui-même. Le pardon ressoude les liens rompus par le péché. Nos communautés ont besoin de pardon pour s’épanouir. Il me semble qu’il n’y a pas de meilleure prison que de s’enfermer soi-même dans le refus de pardonner aux autres ou encore le refus d’accepter le pardon offert. En un certain sens le vrai enfer est le refus ultime du pardon, de la miséricorde de Dieu.
Chers consacrés, par le vœu d’obéissance vous vous unissez à Jésus particulièrement dans l’offrande de lui-même à son Père offrande dont l’expression la plus éloquente est la CROIX, sa mort sur la Croix. S. Pierre écrit dans sa première lettre : « C’est bien à cela que vous avez été appelés, car c’est pour vous que le Christ, lui aussi, a souffert ; il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces. Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. Insulté, il ne rendait pas l’insulte, dans la souffrance, il ne menaçait pas, mais il s’abandonnait à Celui qui juge avec justice. Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris. » (1P 2, 21–24).
Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père et le Fils et le Saint Esprit. Amen.
Seigneur donne-leur le repos éternel et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin. Qu’ils reposent en paix. Amen.
ENSEMBLE POUR LE CHRIST. ENSEMBLE POUR NOTRE DIOCESE.
+Jacques Dans LONGA
Evêque de Kara

