Homélie de Mgr Jacques LONGA aux obsèques du RP. Francis Kochuparambil et la Sœur Marthe Djabare

Homélie
Bien-aimés dans le Seigneur,
Merci à tous pour votre déplacement de Kara, en cette cathédrale SS. Pierre et Paul. Vous êtes venus par amitié, amitié avec la Société du Verbe Divin, amitié avec les sœurs PSP. Mais vous êtes venus aussi et surtout au nom de la foi, foi en Dieu, Foi en Jésus, lui qui « pour nous les hommes et pour notre salut il descendit du ciel. Par l’Esprit Saint il a pris chair dans le sein de la Vierge Marie et s’est fait homme » Homme il a connu la faim, la soif, la souffrance, la persécution, la passion et la mort, mort sur la croix. « Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » (Lc 24, 21.24). Avec la mort de Jésus son miracle est-il clos, définitivement ?
Oui, devant la mort certains d’entre nous se laissent prendre par le désespoir. Ils ne voient que du vide, du néant. Ce qu’ils ont eu à vivre de beau, de fort, de bien semble être désormais du passé. « À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Il leur dit alors : ‘’ Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ?’’» (Lc 24, 22.23.26)
Notre frère Francis et notre sœur Marthe ont connu la souffrance. Leurs supérieurs respectifs ont mis tout le paquet pour leur apporter tous les soins possibles. La science et la technique ont fait leurs preuves montrant ainsi, s’il en était besoin, combien Dieu est capable de faire des miracles encore aujourd’hui. Par leurs souffrances dans la maladie, souffrances et douleurs vécues avec foi et confiance, Francis et Marthe nous ont donné de belles expériences du service fidèle de l’Eglise, du sens et de l’amour de l’Eglise. En leur vie et en leur chair, l’enseignement de S. Paul, dans la 2e lecture s’est vérifié : « Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus c’est dans sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc par le baptême qui nous unit à sa mort avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle nous aussi. Si nous avons été mis unis à Lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le savons, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne » (Cf. Rm 6, 3–6).
Mort sur la croix Jésus est ressuscité et il est monté au ciel, conformément aux Ecritures et comme il l’avait dit et enseigné. Que fait Jésus au ciel ? Que fait-il ? Reste-t-il oisif ? Nous a‑t-il oublié ? Tout s’est-il terminé avec la résurrection, l’ascension Jésus au ciel ? « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. » (Ac 1, 11).
Il peut se trouver parmi nous des hommes et des femmes qui comme ces galiléens restent là à regarder le ciel, oisifs, peu engagés. Inactif ou peu très peu actifs absorbés à espérer le monde nouveau un peu comme un fruit béni qui tombera du ciel effort et sacrifice de leur part.
Bien au contraire le ciel, mon ciel se construit, prend forme petitement, lentement mais sûrement ici et maintenant, dans l’aujourd’hui de mon engagement, là où mes supérieurs hiérarchiques, à quelque niveau que ce soit ont trouvé bon de m’envoyer. C’est ici et maintenant, dans l’accomplissement fidèle et quotidien de ce que j’ai à faire, que je réalise et ma vocation de citoyen du ciel. Francis Paul KOCHUPARRAMBIL nous a donné cet exemple d’homme, de baptisé, de consacré toujours sur le terrain, toujours en action, exigeant, n’ayant pas peur « dès qu’en dira-t-on », intransigeant sur les bords au point, peut-être, d’heurter et d’avoir heurté, blessé plus d’un. Mais toujours avec le souci du bien de l’Église, du diocèse. Quittant l’économat diocésain de Kara où il a servi pendant les 20 premières années d’existence du diocèse de Kara comme Econome diocésain et SG de l’OCDI/Caritas diocésaine, Francis s’est établi au centre d’accueil S. Arnold Janssen où il fut Directeur. Les dernières années de sa vie, il a donné de son temps, de son expertise, non seulement pour le centre d’accueil SVD mais aussi pour le service de construction des écoles et des forages pour donner potable de l’eau aux populations. Il fut très apprécié par les partenaires financiers avec qui il a eu à travailler.
Les deux, Marthe et Francis, me chargent de vous remercier vous leurs supérieurs, leurs parents, amis et bienfaiteurs ainsi que leurs compagnons de route. En vous remerciant, ils demandent pardon à vous qu’ils ont offensé. De leur côté ils vous pardonnent et se confient à vos prières.
Comme, il l’avait dit et enseigné Jésus est mort sur la croix. Il est ressuscité et il est monté au ciel, conformément aux Ecritures. Que fait Jésus au ciel ? Reste-t-il oisif ? Nous a‑t-il oublié ?
Bien-aimés dans le Seigneur, chers membres des familles spirituelles et biologiques éplorées, vous tous qui êtes, à juste titre affectés par la mort de Marthe et de Francis,« que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit ’’je pars vous préparer une place ?’’ Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez vous aussi. Pour y aller vous savez le chemin. Thomas lui dit : ‘’Seigneur nous ne savons pas où tu vas comment pourrons-nous savoir le chemin ? Jésus lui répond : ‘’Moi je suis le chemin, la vérité et la vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi »
Dieu est la vérité. Il ne peut ni se tromper ni nous tromper, c’est pourquoi nous avons confiance. Il réalise et réalisera les paroles qu’il vient de nous dire en faveur de Marthe et de Francis.
« Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! Si tu retiens les fautes Seigneur, Seigneur qui subsistera ? Mais près de toi se trouve le pardon pour que l’homme te craigne. J’espère le Seigneur de toute mon âme je l’espère et j’attends sa parole. Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore. Plus qu’un veilleur ne guette l’aurore, attends le Seigneur Israël. Oui près du Seigneur est l’amour ; près de lui abonde le rachat. C’est Lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes »
Seigneur donne-leur le repos éternel et que brille à ses yeux la lumière sans déclin. Qu’ils reposent en paix. Amen
Et que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père et le Fils et le Saint Esprit. Amen
Ensemble pour le christ. Ensemble pour notre diocèse.
+ Jacques Danka LONGA
Evêque de Kara




























