Messe Chrismale à Kara : les prêtres redisent leur soumission et leur communion à l’Evêque dans la charge pastorale qui leur est confiée.


La messe chrismale au diocèse de Kara a été célébrée cette le samedi 28 mars 2026 à la paroisse cathédrale Saints Pierre et Paul de Kara. Au cours de cette célébration solennelle, les prêtres ont renouvelé leurs promesses sacerdotales. L’évêque du diocèse, Monseigneur Jacques Danka LONGA, a procédé à la bénédiction de l’huile des catéchumènes et des malades, ainsi qu’à la consécration du Saint Chrême.
Dans son homélie, l’évêque a rendu grâce à Dieu et a rappelé l’importance des sacrements dans la vie de l’Église. Dans un geste d’humilité, il a également demandé pardon aux fidèles pour les manquements des prêtres dans l’exercice de leur mission, tout en invitant les chrétiens à prier pour eux.
La célébration eucharistique s’est conclue par une agape fraternelle, au cours de laquelle l’évêque a exprimé sa gratitude à tous les agents pastoraux pour leur engagement dans l’annonce de l’Évangile.
Voici en intégralité l’homélie de Monseigneur
Samedi 28 mars 2026
Père vicaire général, Père vicaire épiscopal, Pères ainés dans le sacerdoce, Supérieurs majeurs, Révérends pères, révérends frères et révérendes sœurs, Chers fidèles paroissiens et diocésains, Chers amis
Nous sommes au samedi 28 mars 2026. Au diocèse de Kara, la 5e semaine de carême, du mercredi au samedi les prêtres œuvrant dans ce diocèse se réunissent autour de l’Evêque pour réfléchir sur un thème pastoral touchant à la vie et à l’histoire du diocèse. Ce rassemblement se clôture par la messe chrismale. Cette année depuis le mercredi 24 mars, au Centre Pastoral Mgr BAKPESSI nous avons réfléchi sur le thème de l’année pastorale en cours : « Souvenez-nous de ceux qui vous ont dirigé : nos premiers Evêques, Mgr Ernest Patili ASSIH et Mgr Ignace Baguibassa SAMBAR-TALKENA. » Ainsi en ce samedi 28 mars, au diocèse de Kara, c’est la messe chrismale, messe au cours de laquelle l’Eglise dispose que les prêtres puissent renouveler leurs engagements sacerdotaux et que soient bénies, solennellement, les huiles saintes devant servir à la célébration des sacrements les 12 prochains mois. Le premier sentiment est l’action de grâce à Dieu. Oui action de grâce à Dieu pour le don des sacrements. En eux Dieu vit dans son Eglise, l’accompagne, la vivifie, la sanctifie, la fortifie chaque jour dans sa marche vers la Patrie céleste. Dieu est bon. Il est vraiment bon. Sa colère ne dure qu’un instant mais sa bonté est de toujours à toujours. « Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur. Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple ! Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, ton serviteur, le fils de ta servante, * moi, dont tu brisas les chaînes ? Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur. Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple, à l’entrée de la maison du Seigneur, au milieu de Jérusalem !» (Ps 115).
L’Eglise vit de Dieu. « L’Eglise c’est le Christ répandu et communiqué[1] ». L’Eglise évangélise. L’Eglise vit pour évangéliser. L’Eglise vit de la mémoire de Jésus : Faites cela en mémoire de moi. Après sa résurrection, le Seigneur Jésus a envoyé ses apôtres avec un mandat, une consigne précise : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 19–20). Depuis lors, la mission de l’Eglise se décline essentiellement en deux (2) volets : LA PAROLE ET LES SACREMENTS. Elle se réalise concrètement autour de quatre (4) piliers : l’enseignement, la sanctification, le gouvernement et le service de la charité. Tous les quatre (4) se tiennent. L’on ne doit pas faire l’un sans les trois (3) autres. Chacun des piliers renvoie à tous les autres.
Dans son enseignement, notamment en S. Jean, Jésus affirme : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » (Jn 8, 51). La parole de Dieu est un antidote contre ma mort. Comme les interlocuteurs de Jésus dans cet évangile cité, il est difficile pour certains de comprendre ce langage. Et pourtant c’est vrai : la parole de Dieu est VIE, elle est vie éternelle. En effet, « au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. 02 Il était au commencement auprès de Dieu. 03 C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. 04 En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes »
S. Paul dans sa lettre aux Colossiens reprend cet enseignement et fait chanter l’Eglise dans sa prière : Il c’est-à-dire Jésus « est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature : en lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, puissances, principautés, souverainetés, dominations, tout est créé par lui et pour lui. Il est avant toute chose, et tout subsiste en lui. » Col 1,15–17)
Bien-aimés dans le Seigneur,
Le livre de la Genèse enseigne : « Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.» La parole de Dieu fait exister l’homme. En elle l’homme trouve existence et consistance. C’est en elle que l’homme devient vraiment homme. « En réalité, nous enseigne la constitution pastorale Gaudium et spes[2], le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné. Voilà pourquoi Jésus affirme peut et doit affirmer : : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » C’est cette parole qui rend possible les sacrements de l’Eglise. C’est la parole de Dieu qui fait aussi les sacrements.
Cher prêtre,
Dans l’Eglise, la Parole de Dieu et les sacrements te sont confiés. Merci pour le service sans cesse assidu et renouvelé, rendu à la Parole et aux sacrements, cela, au profit des hommes et femmes sauvés par le sang précieux de Jésus. Tu rends ce service parfois au prix de privations et de sacrifices mais aussi et surtout, tu rends ce service avec amour de Dieu et du prochain, au nom de ta foi et au nom de la promesse que tu as faites le jour de ton ordination presbytérale. « Voulez-vous, en communion avec l’évêque, annoncer fidèlement l’Évangile et exposer la foi catholique ? » exposer la foi c’est-à-dire l’expliciter, l’éclairer, la distiller pour quelle pénètre le cœur, l’âme de l’homme pour le transformer progressivement en image et ressemblance de Dieu, de sorte qu’il soit et devienne UN EVANGILE VIVANT. Ainsi par exemple l’Evêque que je suis devrait s’efforcer d’être pour toi prêtre, pour vous les fidèles un EVANGILE VIVANT.
« Voulez-vous célébrer avec foi les mystères du Christ, spécialement le sacrifice eucharistique et le sacrement de la réconciliation, selon la tradition de l’Église, pour la gloire de Dieu et la sanctification du peuple chrétien ? »
A ces questions chacun de nous as répondu OUI. Merci à Dieu pour sa fidélité envers chacun de nous, prêtre. J’entends le murmure dans les cœurs. Là, permettez que j’ouvre une parenthèse. Quand S. Pierre affirmait « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas » (Mt 26, 33), il était sincère. Mais plus tard, devant une servante, Pierre a fait l’expérience de sa faiblesse. Alors après la résurrection à Jésus qui lui demandait s’il l’aimait Pierre répondit : « tu sais tout. Tu sais bien que je t’aime ». L’on peut traduire « Seigneur tu connais mes faiblesses mais tu sais bien que malgré cela je t’aime » Même dans les faiblesse l’amour reste l’amour. MERCI à chacun de nous pour sa fidélité, depuis le jour de notre ordination presbytérale. En renouvelant solennellement mes promesses aujourd’hui, le Seigneur renouvelle en moi ses immenses dons pour que je deviennes davantage ce que je suis : UN HOMME CONSACRE POUR LES AUTRES.
A ce sujet, chers prêtres, je nous laisse quelques paroles de S. Jean-Marie VIANNEY, notre patron sur le prêtre :
« Le prêtre n’est pas prêtre pour lui, il est prêtre pour vous. »
« Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes. »
« Quand le prêtre donne l’absolution, il ne faut penser qu’à une chose : c’est que le sang du Bon Dieu coule sur notre âme pour la laver, la purifier et la rendre aussi belle qu’elle était après le Baptême. »
« Le prêtre est un homme qui tient la place de Dieu, un homme qui est revêtu de tous les pouvoirs de Dieu. »
Chers fidèles, chers tous,
Avec vous, je rends grâce à Dieu pour les prêtres du monde entier et particulièrement pour ceux de notre diocèse. Merci Seigneur pour tes prêtres. Merci de nous les avoir donnés. Merci de maintenir en chacun, en le renouvelant chaque jour davantage le don que tu lui as fait. Je plonge chacun de nous dans l’eau et le sang précieux jaillissant sans cesse du Cœur de Jésus. Donne-leur, donne-nous d’être au milieu de ton peuple des hommes heureux, d’une joie et d’un bonheur contagieux.
Bien-aimés dans le Seigneur,
Merci à vous tous pour l’amour et l’affection dont vous nous entourez, nous vos prêtres.
Chers prêtres je demande pardon pour mes négligences envers vous. Pardon à vous chers fidèles pour mes négligences dans le service auquel vous avez droit.
Chers fidèles, pardonnez-nous nos manquements dans le service auquel vous avez droit. Ne cessez pas de prier pour nous. Faites-le encore, faites-le toujours, faites-le sans cesse.
Seigneur donne-leur le repos éternel et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin. Qu’ils reposent en paix. Amen.
Et que Dieu te bénisse, le Père et le Fils et le Saint Esprit. Amen
Ensemble pour le Christ. Ensemble pour notre diocèse.
+Jacques Danka LONGA
Évêque de Kara
[1]Jacques-Bénigne Bossuet, évêque et théologien français du XVIe siècle
[2] GS, 22











