Mgr Jacques LONGA à la messe en mémoire de Mgr Ernest Patili ASSI

Homélie à l’occasion de l’inauguration de la plaque indicative de la Maison Mgr Ernest Patili ASSI, premier Evêque de Kara.
Père vicaire général, Père vicaire épiscopal, chargé de la vie consacrée, Pères vicaires forains, Vous aînés dans le sacerdoce ministériel, Vous qui êtes venus des différentes paroisses de la vie épiscopale, Chers frères et sœurs de la vie consacrés, Chers amis,
L’occasion de cette messe c’est l’inauguration de la MAISON MGR ERNEST PATILI ASSIH, premier évêque du diocèse de Kara. Nommé évêque le 20 juillet 1994 Mgr Ernest, n’ayant pas la pierre adaptée où reposer sa tête, c’est ici, au CPB qu’une petite maison déjà existante a été aménagée pour lui servir de résidence. Etant donné le centenaire que nous déroulons, rappelant à nous-mêmes nos origines modestes comme diocèse, nous voulons par cette messe, le dévoilement et l’inauguration de la plaque indicative de cette maison, nous souvenir de l’un de ceux qui nous ont dirigé : Mgr Ernest ASSIH. Aujourd’hui le diocèse de Kara, dispose d’une résidence de l’Evêque, d’un ordinariat bien conçu et réalisé, d’une cathédrale dont l’architecture rappelle celle des habitations de la plupart de nos humbles et vaillantes populations. Mais ce que nos yeux contemplent aujourd’hui ne doit pas nous griser, nous faisant oublier les humbles débuts de ce diocèse. Nos devanciers ont transpiré, retroussé les manches ; ils se sont battus avec courage et abnégation pour nous léguer ce qui aujourd’hui fait notre fierté. « Souvenez-vous de ce qui vous dirigés : nos deux premiers pasteurs Mgr Ernest Patili ASSIH et Mgr Ignace SAMBAR-TALKENA ».
L’œuvre de Dieu, souvent, bien souvent sinon toujours commence humblement, petitement. Par exemple dans l’évangile de ce jour nous lisons : « En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : ‘’Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort.’’ Les Juifs lui dirent : ‘’Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : ‘Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.’ Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ?’’ ». Les interlocuteurs de Jésus sont d’autant plus scandalisés que rien, apparemment, en Jésus ne ressemble selon eux à l’idée qu’ils ont de Dieu. Dieu se révèle et se donne dans l’ordinaire. Oui l’œuvre de Dieu commence humblement, petitement, non pas que Dieu ne puisse, dès le premier instant réaliser magnifiquement et grandiosement toute son œuvre mais bien parce que son amour miséricordieux veut tenir compte de l’homme, sa créature. Dieu dévoile petitement, progressivement, lentement mais sûrement la grandeur, la magnificence de son cœur, cela au rythme des forces et des capacités d’accueil, de compréhension et d’adhésion de la personne humaine. Cela s’appelle aussi économie du salut. Cette pédagogie de Dieu s’explique aussi par le fait que Dieu veut rendre l’homme participant, collaborateur. Dans cette pédagogie, Dieu respecte la dignité de l’homme. En faisant participant l’homme, de façon progressive, lente mais sûre à son œuvre à Lui, Dieu, amène l’homme a grandir lui-même en développant tout le meilleur déposé en lui par la création et la rédemption. Cela se vérifie dans l’histoire des instituts de vie consacrée. Par exemple le jour où François d’Assise, devant son Evêque, renonçait à son père naturel, terrestre et choisissait de servir Dieu, qui aurait imaginé ce qu’est devenu aujourd’hui sa postérité spirituelle : les capucins, l’ordre des frères mineurs, les conventuels, les sœurs de S. François d’Assise pour ne citer que ceux-là. Il en va de même des sœurs de la Providence Divine (PSP), des frères de la Société de Don Bosco (SDB), des Filles de Marie Immaculée (FMI), des frères de la Société de Marie ℠. Et que dire des bénédictins ? Vraiment, « à quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toute les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent y faire leur nid à son ombre »
Bien-aimés dans le Seigneur,
La vérité évoquée est vraie pour l’Eglise dans le monde. Cela est vrai pour l’Eglise au diocèse de Kara. Cela est vrai pour nos paroisses, nos institutions, nos services. A travers les humbles débuts et pauvres moyens de nos églises, de nos paroisses, de nos Instituts de vie consacrée, de nos services, Dieu et sa grâce sont à l’œuvre.
Ce qui vient d’être dit pour l’Eglise et ses institutions est aussi vrai pour chacun de nous. Dans l’expérience parfois douloureuse que nous faisons tous de nos incapacités, Dieu et sa grâce sont à l’œuvre, recueillant et multipliant à l’infinie de la vie éternelle, les peu, rares mais sincères mouvements d’amour de nos cœurs.
« Cherchez le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine » (Mt 6, 33)
Seigneur donne-leur le repos éternel et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin. Qu’ils reposent en paix. Amen
Ensemble pour le Christ. Ensemble pour notre diocèse.
+ Jacques Danka LONGA
Evêque de Kara



