Nuit du samedi saint : nuit de foi et de renaissance
L’Alléluia de Pâques retentit pour 98 nouveaux baptisés.


Après 40 jours de jeûne et de prières, la joie pascale a éclaté dans la nuit du Samedi Saint . À 21 heures, à la cathédrale, le chant de l’Alléluia a retenti, annonçant la résurrection du Christ. Au cours de cette veillée pascale, présidée par Mgr Jacques LONGA, 98 catéchumènes ont reçu le sacrement du baptême et 79 fidèles ont communié pour la première fois. Une célébration empreinte d’émotion, en présence de nombreux parents, parrains, marraines et amis venus entourer les nouveaux baptisés.
Voici l’intégralité de son homélie
Homélie du samedi Saint à la Cathédrale Saint Pierre et Paul de Kara
Bien-aimés dans le Seigneur,
En cette nuit sainte, il est permis à tous de se laisser remplir par la joie et la lumière dont les différents rites de cette messe sont l’expression. Oui de JOIE nous avons besoin. Car nous avons été créés pour cela : être heureux, comme enfants de Dieu. De lumière nous en avons aussi besoin, car bien souvent nous semblons cheminer à tâtons dans des ténèbres épaisses. « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. »
Chers candidats au baptême soyez heureux, joyeux de la grâce que vous allez recevoir cette nuit. En cette célébration, au moment où, versant de l’eau sur votre tête, le ministre prononcera cette parole-ci « Sanctus, je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », en ce moment là-même vous devenez fils du Père, membre du Christ et temple de l’Esprit Saint ; vous devenez enfants de Dieu, habité par la Trinité. Celui que les cieux ne peuvent contenir, Celui qui est, qui était et qui vient, vient habiter en votre âme, en votre cœur. Il vient prendre possession de vous, de votre personne. Il se porte garant désormais de votre devenir, de votre avenir, de votre bonheur. Il vient cheminer avec vous, vous indiquant le chemin à prendre. Chers candidats au baptême, c’est vraiment, un JOUR GRAND, UNIQUE, l’un des plus beaux de vos jours, de votre existence.
Chers prêtres, chers consacrés, chers catéchistes,
vous tous qui avez accompagné ces candidats, MERCI. S. Paul ne dit-il pas : « Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous » (1 Co 12, 7). Ainsi, comme vous le savez, tout don reçu de Dieu ne s’apprécie que dans le fait de le mettre au service de la communauté. Dans le service rendu à ces candidats, vous avez certainement grandi dans la Foi, l’Espérance et la Charité mais aussi dans la découverte de vous-mêmes, dans la connaissance de l’homme, de Dieu et de la manière d’agir de Dieu dans les âmes et la vie des hommes. En envoyant en mission ses disciples, Jésus leur a dit : « L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. » (Mt 10,10). Que donc Jésus soit lui-même votre récompense !
Baptisés dans l’enfance, vous voici chers candidats à la première communion, sur le point de recevoir pour la première fois de votre vie, le CORPS ET LE SANG du CHRIST. Merci chers parents qui en bons chrétiens, soucieux du salut des âmes, faites baptiser vos enfants dès leur naissance. C’est une bonne chose, une très, très bonne chose de confier vos enfants dès leurs premières semaines au Seigneur. Ainsi, dès les premiers moments de leur existence, la semence de vie divine est jetée en eux ; semence appelée à s’épanouir petitement, mais sûrement, au fil des mois, des années. En même temps que le lait maternel, il faut que l’enfant reçoive le lait de la foi. Veillons donc, non seulement à faire baptiser nos enfants, dès leur bas âge en respectant les conditions exigées mais aussi et surtout veillons à les accompagner, de sorte que ce don précieux ne reste pas enfoui en eux comme le feu sous la cendre. Accompagnons-les en leur apprenant le plutôt possible à faire le signe de la croix et les premiers éléments de la foi et de la vie chrétienne. Et quand ils en ont l’âge, inscrivons-les à la catéchèse et veillons qu’ils y soient assidus.
Bien-aimés dans le Seigneur,
Nuit de pâques, nuit de souvenir de la sortie d’Égypte du peuple d’Israël. « Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël de la main de l’Égypte, et Israël vit les Égyptiens morts sur le bord de la mer. Israël vit avec quelle main puissante le Seigneur avait agi contre l’Égypte. Le peuple craignit le Seigneur, il mit sa foi dans le Seigneur et dans son serviteur Moïse. Alors Moïse et les fils d’Israël chantèrent ce cantique au Seigneur »
Heureux de cette victoire, heureux enfin d’être libéré du joug de l’Égypte, le peuple chante les merveilles de Dieu. Pour le peuple libéré de la servitude, commence désormais pour lui une autre histoire, ou plutôt une nouvelle étape de son histoire avec Dieu. Le peuple d’israël apprendra à mieux connaître Dieu, celui qui s’est révélé à Moïse dès le premier jour de son appel en disant : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » (Ex 3, 6). En d’autres termes, moi je suis le Dieu fidèle, Dieu des vivants ; celui qui a été, qui est et qui sera ; je suis le même, égal à moi-même. La nouvelle étape de l’histoire du peuple avec Dieu est celle des relations personnelles entre le peuple et Dieu. C’est l’étape de l’épreuve. Celle de la foi. Pour le peuple d’Israël, l’histoire de ses relations avec Dieu se déroulera dans une succession de fidélités et d’infidélités ; infidélités et fidélités à Dieu où seule la miséricorde et le pardon de Dieu sauvent le peuple.
« Les fils d’Israël leur dirent : ‘’Ah ! Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, au pays d’Égypte, quand nous étions assis près des marmites de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim tout ce peuple assemblé !’’ » (Ex 16, 3)
Eh oui ! A peine libéré de la servitude d’Égypte, le peuple regrette ce temps révolu. Et pourtant en Égypte les fils d’Israël croupissaient sous le joug des égyptiens. « Le Seigneur dit : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. (…). Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays, ruisselant de lait et de miel, (..). Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. » (Ex 3, 7–10).
Libérés, ils regrettent d’être partis d’Égypte et souhaitent même y retourner. Ils réclament à manger du pain. Dieu leur donne. Ils se fatiguent de ce pain, de la manne. Puis ils vont réclamer à manger de la viande. Dieu la leur donne. Puis de l’eau. A chaque réclamation correspond le regret d’être partis d’Egypte. Le peuple trouve dérisoires les dons de Dieu. Il ne croie pas beaucoup aux promesses de Dieu. Puis viendra le temps de l’entrée dans la Terre Promise. La plupart des fils d’Israël, hésitent à continuer la route, ayant peur de n’être pas à la hauteur des combats pour prendre possession de la Terre Promise. Moïse lui-même fut mis à l’épreuve dans sa foi. Ainsi petit à petit Dieu éduquait son peuple, l’apprenant à le connaître et à l’aimer.
Mon frère, ma sœur
En écoutant l’évocation de l’expérience des fils d’Israël, que ressens-tu ? Médite ta propre histoire à la lumière de cette évocation de l’historie du peuple d’Israël. Ce qui est certain, c’est qu’au fur et à mesure des épreuves, la foi du peuple se fortifiait par la découverte sous un nouveau jour de Dieu et de la mission qui est la sienne. Il en va de même pour nous en tant qu’individu, en tant qu’Eglise. La foi, la vie de foi est un cheminement continue, cheminement fait d’épreuve où Dieu se donne à connaître davantage.
Chers amis,
Avec le baptême commence pour chacun une histoire de relations personnelles avec le Seigneur. Cette histoire pour chacun est une histoire d’amour miséricordieux de Dieu envers l’homme infidèle et pécheur, instable dans ses désirs et ses projets. Libéré des égyptiens, le peuple se trouvait seul à seul avec le Seigneur. Et c’est là que les vraies faiblesses, les vrais défis de la foi du peuple se sont révélés. Dans mon expérience de fidèle de Jésus Christ et de l’Église, c’est dans mes relations personnelles avec le Seigneur que se révèle mon vrai visage, mes faiblesses. Je suis à moi-même l’ennemi redoutable à vaincre. Cela passe par le véritable esprit d’humilité, d’obéissance faite de fréquentation régulière du sacrement de la confession, d’une profonde vie de prière faite de méditation de la parole de Dieu, de la dévotion fervente à l’eucharistie, de la prière quotidienne du chapelet sinon du rosaire et de l’effort d’une vie vertueuse en cultivant surtout le BONTE, la VERITE ET L’HONNETETE.
Seigneur donne-leur le repos éternel et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin. Qu’ils reposent en paix ! Amen.
Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père et le Fils et le Saint Esprit. Amen.
ENSEMBLE POUR LE CHRIST. ENSEMBLE POUR NOTRE DIOCESE.
+ Jacques Danka LONGA
Evêque de Kara.








